Réglementation et drone : doit-on se méfier ?

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Qu’en est-il de la nouvelle réglementation drone, qui en passerait presque inaperçue. Dévoilée il y a quelques mois à peine, et pourtant en préparation depuis plusieurs années, vous ne le savez peut-être pas encore, mais la nouvelle loi drone de Juillet 2018 se radicalise. Autant que Nicolas Dupont-Aignan aux dernières présidentielles.

En achetant un drone, peu importe sa taille, à condition qu’il dispose d’un dispositif de filmage (une caméra Ok !?), vous vous exposez donc à certaines règles qui ne font pas toujours plaisir à entendre.

Au fur et à mesure, l’espace publique et les restrictions appliquées aux engins volants se durcissent mais sans que les sanctions prévues ne soient réellement appliquées. A l’image des quelques cas atypiques d’engins ayants survolé des espaces strictement interdits, tel que des zones militaires ou lieux sensibles comme des centrales nucléaires. Au pire des cas, des sanctions et amendes risibles ont été appliquées, du moins pas de quoi dissuader un gamin inconscient du danger. Il faut dire aussi que le flou règne sur un domaine trop récent et dont l’évolution exceptionnelle permet de laisser planer le doute face à des forces de l’ordre ignorantes ou peu connaisseurs.

Pour illustrer cette idée, cela me fait fortement penser à l’histoire d’un collègue, qui après avoir survolé un domaine exploitant vignoble de façon illégale a été approché par le Maire qui se trouvait de façon fortuite à une centaine de mètres de lui. Lui pensant être réprimandé, non, au contraire ce dernier lui a recommandé de filmer toute la ville. La morale est probablement qu’on ne prend pas souvent au sérieux un drone, plus souvent considéré comme un jouet qu’un engin potentiellement dangereux.

Réglementation et nouveautés 2018

En fonction de votre implication dans le milieu du drone, les prérequis et obligations ne sont pas du tout les mêmes. C’est surtout lorsqu’on commence à en faire on métier ou à se prendre pour un professionnel que les choses se corsent. Et curieusement, il n’est vraiment pas facile de faire la distinction entre un professionnel et amateur aujourd’hui, les vidéos du net pouvant rapporter beaucoup d’argent, les enjeux publicitaires Youtube doivent aussi être considérés.

Pour les professionnels

Avant Juillet 2018, les professionnels, contrairement à ce qui se disait dans les centres de formation, n’avait aucune obligation de formation. Seul le théorique ULM était obligatoire et une attestation de compétence de télépilote que l’on pouvait facilement s’auto-attribuer.

Aujourd’hui, c’est une toute autre histoire. Adios le théorique ULM qui concrètement était très loin des préoccupations d’un pilote de drone. Goodbye l’autoformation à la pratique, qui permettait à monsieur tout le monde de s’autoproclamer télépilote professionnel à condition d’avoir une entreprise.

Une nouveau théorique drone a été mis en place, supposé être plus centré sur les enjeux liés à la sécurité et aux drones. Pour l’attestation de capacité pratique, il faudra désormais obligatoirement passer par un centre agrée capable de vous la fournir au terme d’une formation.

Ensuite, le télépilote doit réaliser son MAP manuel d’activité particulière et fournir une attestation d’homologation obtenue au près d’un fabriquant en général. Bref, rien de nouveau de ce côté, vous ne serez pas trop dépaysés.

En fin de compte, ces nouveautés ne sont que juste retour des choses. A savoir que beaucoup de télépilotes ont peu de scrupules à passer outre la loi qui mettra du temps à vraiment être appliquée.

Pour les pilotes de loisir et du dimanche : aie !

On pouvait s’attendre à des ajustements concernant les professionnels mais jusqu’à présent rien ne venait gêner les pilotes amateurs. C’est le cas de le dire, car une nouvelle fracassante vient de faire surface. Chez les particuliers c’est le poids du drone qui définit les règles. A partir de 800 grammes et au-dessus, une formation en ligne sera obligatoire.

Cependant pas de panique ! La majorité des drones ne dépassent pas cette limite, qui prouve que les fabricants sont de mèche avec la DGAC. Ni le Mavic Pro, ni le Mavic Air, ni l’Anafi ne seront donc concernés. Si vous avez eu la mauvaise idée d’investir dans un Phantom 4, comment vous dire…Vous devez donc vous former pour pouvoir légalement utiliser ce drone et avoir au moins 14 ans. Néanmoins, cette formation ne devrait pas être aussi compliqué qu’un théorique drone professionnel. Vraiment rien de méchant.

Enfin, sans déroger à la règle, les anciennes lois restent toujours valables. A savoir qu’il est toujours interdit de survoler des personnes ou habitations ou de voler en ville tout simplement.

Pro DJI et son contraire : DJI Aeroscope

En réalité, il n’y a qu’une seule marque qui puisse poser problème de sécurité sur le territoire français, tant sa domination est affligeante sur le marché du drone. Hormis la percée héroïque de Parrot avec son Anafi et bien avant avec le Bebop, DJI n’a guère de concurrent sérieux.

Popularisation du drone oblige, les conditions se durcissent alors pour les dronistes du monde entier alors que DJI tente d’imposer ses modèles comme référence. Seulement ses utilisateurs ne sont nullement une référence en matière de bonne conduite et de respect de l’espace aérien. Je citerai l’exemple de certains drones signalés à des altitudes folles de 3000 voire 4000 mètres à des endroits ou des avions circulent. Face à une recrudescence de comportement dangereux, DJI se doit d’une façon paradoxale d’apporter une solution, comme proposer un antidote à son propre poison . Et c’est chose faite, tout d’abord en interdisant et bloquant leurs appareils à proximité d’aéroports ou tout autre espace interdit, puis en établissant des paliers d’altitude jusqu’à 150 mètres, la limite maximale autorisée en France. Malheureusement, il est très facile de contourner ces limitations et déjà plusieurs vidéos circulent à ce propos.

Plus curieux et paradoxal encore, DJI développe parallèlement à sa filière drone un dispositif anti-drone : il l’ont appelé “Aeroscope”. Tiens alors, c’est très drone tout ça ! Comme si le marché du drone ne lui suffisait pas. DJI joue la comédie montre à la fois patte blanche en collaborant avec les Etats et institutions publiques, mais en profite pour faire des bénéfices énormes. Effectivement, le DJI Aeroscope coûterait en théorie dans les 9000 euros pour la version valise, qui ne fonctionne que jusqu’à 15 km. Sinon, une version fixe réservée aux aéroports et dont la portée serait bien plus élevée (environ 50 km) pourrait atteindre des tarifs faramineux dépassant les 100 000 euros. Un marché juteux pour DJI, et trop facile, car détecter ses propres drone n’est pas l’opération la plus complexe.

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