L’hybride va-t-il faire disparaitre le Reflex ?

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Avant 2010, utiliser un appareil hybride était aussi ringard qu’utiliser une trottinette dans les rues de Paris il y a 5 ans. Depuis peu, les appareils photos hybrides ont démontré leur valeur et bouleversé des traditions bien ancrées depuis une vingtaine d’années dans le monde de la photographie numérique. Preuve à l’appui, les 550D ne sont plus les bests-seller, puisqu’ils côtoient désormais des Olympus om dans les gondoles de le Fnac. Aussi insignifiant soit-il pour vous, ce symbole marque pourtant le début d’une nouvelle ere : celle de l’hybride à tout prix.

Aujourd’hui, plus personne ne remet en cause la supériorité du numérique sur l’argentique, mis à part quelques puristes qui refusent encore d’utiliser un ordinateur. Les premiers capteurs numériques n’avaient vraiment rien d’excitant, à cause de leur pauvre dynamique et rendus médiocres même en 35mm. Leur seul intérêt était d’esquiver un processus de développement long et fastidieux.

En 2009, Canon annonce un appareil photo qui va changer le cours de l’histoire. Il s’agit du 5D Mark II, le premier reflex directement adressé aux vidéastes professionnels. Il est le premier appareil de son genre, à filmer en HD 1920 X 1080p et ce avec un capteur Full Frame. Malgré l’arrêt complet de la production en 2012, le Mark II est encore prisé chez les amateurs.

Lire notre article sur la naissance du mythe 5D Mark II.

L’age d’or de la photographie numérique ne fait en réalité que commencer. Panasonic, Olympus et Sony sont ses plus grands contributeurs qui s’installent sur le marché un an après Canon et compte bien lui piquer la vedette.

La diversité des capteurs

L’hybride est de par la diversité de ses capteurs, un type d’appareil plus polyvalent. Hormis certains survivants en APS-C, le reflex se cantonne souvent à du Full Frame pour ses modèles professionnels.

A son origine lancé par Panasonic et Olympus (ce ne sont pas les premiers hybrides en réalité), l’hybride était exclusivement équipé d’une nouvelle gamme de capteur Micro 4/3, à mi chemin entre un Full Frame et un capteur 1 pouce. Le Micro 4/3 avait l’avantage du gain de place et tout en ayant une meilleure dynamique que les compacts et en conservant une profondeur de champs facilement gérable.

Puis Sony est le premier constructeur à introduire des capteurs APS-C troqués définitivement pour des Full Frame par la suite avec sa gamme A7 et A9. Ces modèles connaissent un grand succès auprès des professionnels de la photographie et de la vidéo. Car ils offrent des performances similaires voire supérieures à des Reflex ou caméras vidéo, sont plus pratiques à transporter et souvent moins chers.

Il faut dire aussi que les reflex se heurtent à une barrière difficilement franchissable. A se demander si nous ne serions pas arrivé à la fin d’un cycle. Les constructeurs historiques que sont Nikon et Canon se plient même aux nouvelles règles de l’hybridation, bien qu’ayant tenté d’y résister : leurs derniers atoûts s’amenuisent face aux hybrides qui fourmillent et ont probablement dépassés les reflex en terme de vente.

L’hybride est compact mais pas trop

Dans la pratique, l’hybride est donc un juste milieu entre l’appareil compact et le reflex. Il n’a jamais eu pour ambition de substituer le Reflex à son origine. Force est de constater l’engouement que l’hybride a suscité ne serait-ce ces 5 dernières années. Ni Canon, ni Nikon n’a pu résister à cette nouvelle vague dans le monde la photographie. Canon avec le R, son premier hybride full frame en réponse à Sony et Nikon avec l’arrivée prévue des Z6 et Z7.

Quand on regarde de plus près les dimensions et poids des hybrides par rapport aux reflex, il n’y a pas match. Ils pèsent 25% de moins et des dimensions parfois 2 fois inférieures à leurs concurrents directs de la gamme reflex.

Seulement, embarquer un capteur full frame sur un hybride vous oblige tout de même à utiliser des objectifs full frame, souvent disproportionnés par rapport à la taille des boîtiers C’est en partie pour cette raison que Panasonic s’est limité au micro 4/3 ces dernières années. Ainsi, ses appareils ne dépasse presque jamais les 1kg au complet.

Viseur électronique

L’une des raisons principale qui poussent les consommateurs vers l’hybride est la compacité de ces appareils. Pour parvenir à des boîtiers aussi petits, l’hybride n’utilise plus de miroir et gère de façon électronique son viseur. On ne dirait pas, mais enlever un miroir peut faire gagner énormément de place dans un boitier, d’où le nom qui caractérise ses appareils photos souvent appelés hybrides mirrorless (sans miroir en anglais).

L’argument favori des pro hybrides réside également dans le fait que le viseur électronique donne un rendu fidèle de l’image finale. De plus, le viseur éléctronique permet d’avoir d’accès à des informations précises en direct (exemple de l’histogramme) que le Reflex ne pourra jamais obtenir en dehors de son écran.

La visée électronique est perturbante

Les professionnels de la première heure reconnaissent sans exception leur préférence pour la visée Reflex, plus naturelle mais plus éloignés de la dynamique réelle de l’appareil. Le viseur électronique souffre toujours d’une latence assez faible certes, mais suffisante pour perturber des prises de vues sportives par exemple.

Il est probable que Canon se penche sérieusement sur un système de visé hybride qui cumulerait alors deux points de vues. Affaire à suivre dans les années à venir.

Des performances d’auto-focus discutables

Le seul point noir de l’hybride et sur lequel le Reflex fait reposer toute sa crédibilité aujourd’hui, c’est qu’aucun auto-focus hybride n’est parvenu à égaler la précision accomplie par un Reflex.

Il faut reconnaître que les progrès ont été spectaculaires en l’espace de 5 ans sur les hybrides. Par conséquent, il n’est pas impensable qu’ils parviendront à rattraper tôt ou tard leur retard.

La fragilité des batteries

Si l’hybride gagne en poids en faisant abstraction de son miroir, il est de ce fait beaucoup plus énergivore qu’un reflex, qui ne dépense pas de batterie pour afficher un retour viseur.

Quand bien même cet argument se vérifie sur la gamme A7 de Sony vraiment pénible à utiliser, ce n’est pas le cas de tous les appareils. Les Panasonic s’en sortent même très bien, avec une autonomie parfois supérieure à celle obtenues sur un reflex.

Dans tout les cas, cela dépendra des sacrifices réalisés par les constructeurs et la place qu’ils sont prêt à accorder à une batterie dans leur boitier. Pour l’instant, Sony ne semble pas considérer cela comme un frein, au profit d’une compacité inégalable.

Stabilisation du bloc capteur

Les appareils hybrides de dernière génération sont systématiquement équipés d’une stabilisation de leur capteur. Or, on ne peut pas en dire autant du côté des reflex. Ok, ce ne devrait pas être plus gênant que ça en photo studio, mais la différence se fait clairement sentir dans des situations mouvementées aussi bien en photo qu’en vidéo.

Sony avancait avec son A7RII et A7SII un gain non négligable de stops gagnés en basse lumière grâce à sa stabilisation 5 axes. En effet, cet avantage se justifie par des tremblements moins visibles à vitesse d’obturation équivalente.

Performances exceptionnelles

La sortie du Sony A7S était peut-être encore plus impressionnante que le 5dMarkII à l’époque. Un appareil orienté vers la prise de vue en basse lumière, capable de monter au-delà de 200 000 ISO sans montrer signe de faiblesse.

Gain de place

Certainement considéré comme l’argument numéro 1 des pro hybrides, le gain en poids et en taille n’est pas négligeable comparé à un Reflex Dslr. L’hybride est un appareil qui se veut discret et facile à emporter en vacance, alors que le Reflex est plutôt destiné à une utilisation occasionnelle ou professionnelle.

Il donne de nouveaux challenges aux fabricants qui doivent désormais parvenir à réduire la taille de leurs objectifs pour coller à l’esprit même de l’appareil photo hybride ; c’est à dire photographier léger.

Quel avenir pour le Reflex  ?

Bien que Sony et Panasonic aient clairement favorisé l’hybride dans leurs décisions, les constructeurs comme Nikon, Canon et Pentax continuent la production massive de leurs flagships DSLR orientés vers la photographie professionnelle.

Le Reflex n’est pas encore mort, à cause des limites techniques qu’il reste à franchir pour l’hybride. On pourrait aussi parler de l’amélioration stupéfiante des smartphones en photographie et de leurs algorithmes qui peuvent compenser un capteur de taille réduite (1/2.3 pouces). Il a fort à parier que l’électronique finira par prendre le dessus. Ce qui ne réduit pas les chances des capteurs micro 4/3 de trouver leur place face aux full frame dans un futur proche, comme le démontre le GH5S avec ses performances vidéos hors normes.

GH5S vs GH5 : notre article

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