Le Parrot Anafi peut-il détrôner DJI ?

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Je ne donnais vraiment pas cher de la peau de Parrot vu les résultats catastrophiques de sa disco, une aile volante plutôt sympathique pour s’initier au modélisme. Parrot tente aujourd’hui sa chance avec Anafi, un petit modèle qui titille les grands de ce monde, je parle bien entendu de DJI. Nous étudierons dans cet article les caractéristiques, l’intérêt et performance de l’Anafi face à la concurrence et enfin l’avenir compromis de Parrot.

Au tout début des drones, Parrot était un leader sur le marché avec des petits modèles à partir de 100 euros. Mais avec l’arrivée des chinois et la démocratisation du drone à travers le monde, les utilisateurs sont devenus de plus en plus exigents et prêt à débourser des sommes astronomiques pour ces gadgets. Pourtant, lorsqu’ils sont bien utilisés, ces drones peuvent se transformer en un outil professionnel très utiles. Dans la majorité des cas, et c’est bien ce marché précisément que cible Parrot avec l’Anafi, le drone est plus souvent utilisé par des voyageurs ou passionnés d’image qui eux aussi veulent saisir des prises de vues aériennes à couper le souffle. Il s’agit du marché le plus lucratif que DJI a su inonder dans un premier temps avec le Mavic Pro puis plus récemment avec le Mavic Air, un modèle deux fois plus petit et tout aussi performant.

Le Parrot Anafi résumé techniquement : ses caractéristiques vidéo

Piloter jusqu’à 4km pendant 25 min et filmez à la verticale en 4k30fps avec un zoom sans perte x3 et une ouverture f2.4.

On se rappelle que du bebop 1 et 2, les deux drones vedettes de Parrot. Moins chers et surtout bien moins performants que les drones DJI.

Parrot ne reproduit pas les erreurs du passé et s’axe désormais sur un tout type de drone, à l’image du Mavic Air qui a connu un franc succès. De la même manière L’Anafi pousse encore plus loin l’idée d’un drone léger, petit et en fin de compte transportable facilement. Comme pour les appareils photos, le meilleur drone est celui que l’on peut emporter partout avec soi. Et l’Anafi est un roi dans ce domaine, avec 320 grammes et ses 24.4 cm X 6.7 cm il rentre facilement dans un poche. Une idée dérobée directement au Mavic Air dont il s’agissait de l’objectif principal.

Il n’y avait vraiment pas d’intérêt pour Parrot de sortir un nouveau modèle si celui-ci ne proposait rien de nouveau comparé à sa concurrence. Selon moi, Parrot a fait d’excellents choix avec l’Anafi, car il est non seulement aussi petit qu’un Mavic Air mais plus avancé technologiquement parlant. Sa liaison WIFI atteint les 4km au maximum et peut lui aussi filmer en 4k30fps avec un débit de 100mbps. En photo 21 millions de pixels (avec une ouverture f2.4) sont présents sur ce si petit capteur que nous étudierons plus en détail dans la suite de l’article.

Lire le test du Mavic Air

Filmer en contre plongé : un rêve réalisé

La où réside la véritable différence de l’Anafi, c’est dans la possibilité de filmer à la verticale (contre plongé). Ce genre de prestations hors-normes étaient jusqu’alors réservés à des modèles très chers voire inexistants pour cette catégorie. Combien fois aurais-je souhaité filmer un sujet situé au dessus du drone ! Pour cela, Parrot a du sacrifier un axe de stabilisation. En effet, sa nacelle ne stabilise donc que sur 2 axes et le troisième est obtenu par compensation numérique.

Une technologie de zoom sans perte unique

La contre plongé ne suffisait pas à renverser l’ordre établi et faire de l’Anafi un concurrent sérieux. Effectivement, il dispose d’un autre atout très jouissif, puisqu’il est capable d’effectuer un zoom X3 sans perte de qualité et sans objectif à focale variable. What !? Vous avez bien compris, vous pouvez changer d’angle ou même voler plus loin de votre sujet sans risquer d’abimer votre drone et cela en gardant une image 4k.

Comme vous pouvez le voir, sans ce zoom nous n’aurions pas pu reconnaitre Ryan Gosling qui travaille secrètement pour Parrot.

zoom numérique sans perte

Pour la petite histoire, les capteurs numériques ont fait des progrès énormes ces dernières années. Malgré leur taille réduite, il est possible de n’utiliser qu’une petite partie centrale pour filmer en 4K. En faisant varier la surface du capteur percutée par la lumière, on peut facilement faire varier la distance focale d’un appareil. Puisque la taille du capteur a une influence directe sur la longueur focale obtenue. Le full frame 35mm est une norme, c’est-à-dire qu’un 25mm sur son capteur aura l’effet d’un 25mm. En revanche, un 25mm sur un capteur micro 4/3 (deux fois plus petit qu’un full frame) donnera en réalité une image de 50mm soit un crop factor x2. En fin de compte, si vous ne prenez qu’une partie centrale du capteur 1/2.4 pouce de l’Anafi, égale à un tiers de la surface totale du capteur, vous obtenez un zoom x3 sans perte. L’Anafi est donc en équivalence 35mm, un 23-69mm en photo et un 26-78mm en vidéo.

Les modes de prise de vue

Un nouveau mode de prise de vue a attiré mon attention. Il s’agit de celui Dolly. Qu’est-ce que c’est ? Dolly est le nom utilisé par Parrot pour signifier travelling compensé. Très bien connu des cinéastes, adulé par Hitchcock de la plus belle façon, on le retrouve dans la plupart de ces films. Voici une petite vidéo qui expliquera mieux l’effet que mes explications maladroites. En gros, l’Anafi utilise encore un fois son zoom d’une façon des plus originales. En faisant reculer le drone tout en zoomant sur un sujet, on obtient ce effet de changement de perspective.

Pour le reste, je vous invite à consulter des fiches techniques. Entre autre

Performance

Ce n’est pas sa tasse de thé mais l’Anafi fait le boulot qu’on lui demande. Plus précisément être stable, résister au vent. Étant donné ses petites batteries et une tension plus faible arrivée aux moteurs, la vitesse de l’Anafi est plus faible que chez ses concurrents 54km/h au lieu de 68km/h sur le Mavic Air. Néanmoins, L’anafi peut résister à des vents de 50km/h ce qui le rend particulièrement intéressant compte tenu de son poids plume.

Pour l’autonomie annoncée à 25 minutes, il faudra comme d’habitude voir ce chiffre légèrement à la baisse en fonction des conditions mais la performance est plutôt bonne. A noter que les batteries sont rechargeable via une prise standard USB-C.

Le sacrifice de la lumière

Les derniers capteurs Sony, qui en plus d’être plus avancés que ceux employés par DJI, disposent d’un nombre de pixels plus élevé. C’est une bonne chose d’un point de vue photographique pour réaliser des agrandissements mais moins pratique lorsque la lumière est moins vive. Ce capteur souffrira outre mesure plus que sur celui de 12 MP. Pourquoi ? Car plus le nombre de pixels est réduit pour un capteur équivalent, plus la qualité de l’information prélevée par ces pixels sera élevée (pour vulgariser, merci aux spécialistes de ne pas m’en vouloir). En d’autres mots, plus un capteur dispose de pixels plus il sera difficile de corriger votre image en post-production. Pour pallier à cette contrepartie malheureusement, Parrot équipe son capteur d’un objectif assez lumineux de f2.4. Je trouve qu’il s’agit d’une bonne idée de Parrot, car peu de gens utilisent leur drone quand la nuit tombe ou en basse lumière.

Le Prix de l’Anafi est-il justifié ?

Proposé d’entré à 699 euros, on comprend bien que toute la stratégie Parrot réside dans le vol des potentiels clients du Mavic Air, qui tourne plutôt autour des 800 euros.

A ce prix rien d’étonnant, mais indispensable pour sauver Parrot de la faillite.

En revanche, point beaucoup plus marquant et injustifié c’est le prix de ces petites batteries 2s 2500 mAh. Mais alors là, je ne sais pas ce qui est passé par la tête de Parrot payer 100 euros pour une batterie aussi petite c’est même plus du raquette.

Pour ou contre l’Anafi ?

Personnellement, je trouve que le pari de Anafi est très réussi. Je ne suis ni sponsorisé, ni payé pour donner mon avis ! Je ne vends pas mon corps non plus.

Il n’y a vraiment rien à dire sur les caractéristiques du Parrot Anafi, surtout à ce prix : bien plus accessible qu’un Mavic Pro et tout aussi performant en vidéo.

Ayant déjà pu essayer plusieurs drones, principalement de la marque DJI, je trouve que l’Anafi a mieux su cerner les problématiques et préoccupations des clients à une exception près. En effet, le manque de capteurs d’évitement n’est pas gênant pour un pilote expérimenté ou quelqu’un de précautionneux. A l’inverse, un débutant s’orientera plus facilement j’imagine vers un modèle DJI plus sécurisant et moins dangereux pour les premiers vols.

Plagiat DJI ou pas ?

Parrot n’a pas à avoir de scrupules concernant la conception de son drone selon les canons DJI. Il est certes vraisemblable que l’Anafi s’est largement inspiré de son concurrent le Mavic Air mais apporte également des nouveautés inattendues qui lui valent d’être considéré comme l’un des meilleurs compromis actuel.

Anafi défaillant : retour sur expérience

Parrot aurait-il voulu absolument lancer son produit avant l’arrivée du Mavic Pro 2 ? A-t-il été lâché sur le marché trop vite. C’est ce que je me demande, car plusieurs utilisateurs semblent avec vécus des expériences décevante qui ont mené leur drone à la destruction. Il s’agirait d’une perte de connexion sur certains modèles de smartphone récents. L’absence de capteur de l’Anafi lui joue des tours, car le return to home n’a alors plus beaucoup d’intérêt. Le drone rentre et peut à tout moment se manger un arbre en pleine tronche. D’où le fait que je sois assez sceptique à l’idée d’acheter un Anafi. Avec un meilleur retour sur expérience, il deviendra l’un des meilleurs drones du marché mais dès lors un Mavic Air ne serait-il tout simplement pas plus raisonnable ? L’Anafi n’a pas le temps, Parrot a trop souffert pour se permettre d’encaisser un nouvel échec commercial aussi précoce. A moins qu’une solution efficace ne soit apportée rapidement, il y a de forte chance pour que les avis négatifs affluent sur le net et viennent détruire définitivement la réputation de Parrot.

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