Comment le drone risque-t-il de changer le monde d’ici 2020 ?

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Objet insoupçonné, qui n’avait que peu d’utilité il y a 5 ans encore, le drone enclenche une métamorphose sur les marchés de la surveillance, du transport ou plus triste encore de l’art de la guerre. En effet, leur utilisation s’est avérée utile dans de multiples domaines où des engins très coûteux à entretenir étaient d’ordinaire utilisés. Hélicoptères et avions disparaissent ainsi progressivement chaque année au profil du drone.

On entend souvent dire que le drone peine à avancer car il est trop dangereux. Notamment du point de vu des modèles autonomes, au même titre que les véhicules autonomes qui n’ont toujours pas encore été réellement acceptés par la population. En vérité, la prise de décision et la gestion d’un engin par ordinateur est plutôt une bonne nouvelle. Néanmoins, il est plus difficile encore de faire cohabiter les deux modèles, d’autant plus dans l’espace aérien, où une chute d’un appareil pourrait coûter la vie d’un civil.

Seulement le drone, malgré l’appréhension première, est véritablement plus sûr car ces vols ne sont pas habités par un pilote. Plus encore lorsque il s’agit d’un multirotors, les probabilités de panne mécanique sont quasi nulles. Même si un moteur venait à s’arrêter, les redondances moteurs et IMU permettent de minimiser les risques. Enfin, la présence d’un parachute et d’un coupe circuit indépendants est un sécurité supplémentaire pour réduire l’impact de l’appareil au sol en cas de force majeur.

Agriculture

Pour le moment utilisé à petite échelle, le drone se montre éminemment efficace dans le domaine de l’agriculture. A la fois pour établir des contrôles entièrement automatisés et quotidiens de l’état des récoltes, mais surtout pour répandre des pesticides d’une façon ultra-localisée en fonction des résultats obtenus.

Allié à un capteur multispectral, le drone peut déterminer les niveaux d’azote et l’état de santé des végétaux. Autrement, les capteurs thermiques permettent de révéler les points les plus chauds nécessitant un apport en eau plus important. Ces interventions contribuent surtout à minimiser les dépenses et dans d’autres mesures l’impact écologique de la production agricole.

Au regard de tous ces éléments, il n’est pas étonnant de savoir que l’agriculture deviendra le domaine le plus productif et lucratif pour les drones d’ici quelques années.

Surveillance

Sur un autre flan, le drone sera bientôt capable de substituer une présence humaine jusqu’alors indispensable, en faisant office d’agent de sécurité ou plutôt de surveillance. Les enjeux liés aux drones dépassent largement l’aspect mécanique. Ce sont plutôt les algorithmes de reconnaissances ou la démultiplication de la puissance de calcul qui ouvrent la voie à des activités de plus en plus spécifiques. Là où l’œil humain n’est pas aussi précis.

Drone autonome

Le drone autonome remet sur la table le même débat initié par la voiture autonome. Bien qu’interdit dans l’espace publique, où tout drone doit être télépiloté, ce n’est pas le cas dans l’espace privé. C’est pour cette raison que le drone autonome a un avenir à court terme dans les applications de surveillance de sites sensibles. Il serait alors capable de suppléer un agent de sécurité et de détecter des intrusions sur un périmètre donné.

Drone filaire

Moins connu du grand public, le drone filaire est une solution complète qui permet à un multirotors puissant de rester pendant plusieurs heures en vol sans avoir besoin d’utiliser de batteries. De nombreuses entreprises, notamment françaises, ont investi le marché du drone filaire alors que la demande n’est pas encore effective. Les plus avancés d’entre eux dont Azur Drones, ont conçu un système entièrement automatisé, capable d’enrouler et de dérouler son câble en fonction des mouvements du drone, pour éviter tout contact avec les hélices.

Le drone filaire est exclusivement réservé à des applications de surveillance : zones sensibles, événement, Gendarmerie, Armée. Il est toujours équipé d’une puissante caméra dont le zoom (DJI Zenmuse Z30) peut suivre des objets ou personnes jusqu’à 1 km et parfois couplé avec une caméra thermique.

Sauvetage

Le sauvetage est partagé entre la reconnaissance et l’intervention. De la même façon que pour la surveillance, les drones équipés de caméras thermiques peuvent détecter une présence humaine depuis le ciel et couvrir une zone bien plus importante qu’un agent au sol.

Une fois un sujet identifié en montage par exemple, de puissants multirotors sont capables d’apporter dans des zones inaccessibles par hélicoptère des ressources de premier secours ou de la nourriture pouvant sauver des vies. Comme le démontre le DJI Wind, un drone exclusivement destiné aux professionnels et capable de porter des charges de 10 kg sur plusieurs kilomètres.

Inspection critique

Pendant longtemps, l’inspection de bâtiment, d’ouvrage ou de structures complexes se réalisait aux moyens de nacelles ou de dispositifs très coûteux. Les petits drones peuvent se faufiler dans des espaces étroits et couvrir d’importantes surfaces qu’ils peuvent photographier.

Transport et livraison

Ce sujet a eu une large couverture médiatique à cause d’Amazon, le géant de la vente en ligne étudierait des moyens de livraisons alternatifs beaucoup plus rapides. Mais aucun Etat ne s’est montré favorable à cette initiative, jugée trop dangereuse. De plus, ce moyen de transport serait très limité en terme de distance de vol, d’autant plus lorsque le drone est amené à soulever des charges lourdes.

Audiovisuel

L’audiovisuel est probablement le premier secteur à avoir reconnu l’utilité du drone. Il se déplace de partout facilement et permet de réaliser des prises de vues stabilisées à couper le souffle. Le drone est indispensable à toute production audiovisuel et substitue d’habituel hélicoptères dont les mouvements étaient très limités.

Et si l’avenir du drone n’était pas de si bonne augure ?

Malgré toutes les points positifs liés à leur utilisation, il se peut que le drone soit employé à des fins autrement moins justes. A commencer par l’armée pour qui les drones constituent un bon appareil de reconnaissance ou de mort pour les scénarios les moins optimistes. On pourrait à juste titre se demander pourquoi les drones ne sont pas aussi réglementés en ville, particulièrement exposées à la menace terroriste.

Pour toutes les applications citées, les drones viennent souvent remplacer la présence humaine, ce qui conduira inéluctablement à des suppressions de poste au profit de ces technologies plus performantes.

Dans tous les cas, le drone a prouvé une réelle utilité, mais il se peut que la présence humaine et les risques auxquels on ne peut déroger, ne lui permette jamais d’opérer au même niveau en agglomération.

Enfin, il serrait aussi intéressant d’aborder dans ce sujet les questions de vie privée, menacée par les drones qui n’ont aucune limite pour se déplacer. Mais c’est aussi pour cette raison qu’il est interdit pour qui que ce soit de survoler une propriété privée sans autorisation préalable. Pourtant rien ne nous garanti que l’Etat ou des sociétés privées peu scrupuleuses utilisent ces engins pour obtenir des données encore plus précises sur les nos conditions de vie. A quand 1984 !

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